Lettre ouverte à Madame Hidalgo sur le rapport de l’Inspection générale des services

Paris, le 30 mai 2016

 

Madame le Maire de Paris,

Notre organisation syndicale vient ici vous faire part du choc qu’a ressenti la grande majorité des enseignants des conservatoires parisiens à la lecture du rapport de l’Inspection Générale des Services de la Ville de Paris  : « Mission de prévention, de signalement et de traitement des risques d’infraction sexuelle sur des mineurs par des agents de la Ville et du département », publié en juin 2015.

En effet, ce rapport décrit nos établissements comme des lieux sensibles à cet égard et le milieu musical comme favorisant, en général, ce type de dérives. Si tous les acteurs de la profession sont mobilisés pour la protection des mineurs qui fréquentent nos établissements et sont prêts à participer à toute action qui s’inscrit dans une telle politique, vous comprendrez qu’ils ne peuvent accepter sans réagir l’image dégradée de la relation professeur-élève décrite et véhiculée par ce document officiel, publié sous votre égide.

Sauf à gommer toute trace d’humanité dans l’enseignement et à considérer le professeur comme un simple vecteur d’information dont l’élève serait le destinataire, nous savons tous, en tant qu’artistes-enseignants professionnels, qu’une relation particulière s’installe bien entre un professeur et son élève. Il ne s’agit là ni d’amitié, bien qu’elle puisse ne pas en être exempte sur le long terme, ni de séduction, ni de toute autre forme d’emprise mentale. Pour autant qu’elle soit difficile à décrire, cette relation n’a rien de malsain ni évidemment de sexuel.

Le rapport de l’IGS fait état de cas particuliers qui constituent des dérives, mais qui ne sauraient être généralisés sans jeter l’opprobre sur l’ensemble d’une profession.

Il faut noter, à cet égard, que ce document ne fait état d’aucun chiffre pouvant donner une évaluation statistique du risque. Il se contente d’illustrer son propos au travers de l’histoire personnelle de Madame Hélène Grimaud.

Dans le contexte de la réforme pédagogique voulue par votre mandature, volonté politique qui vise à privilégier les pratiques collectives afin d’accueillir un plus grand nombre d’élèves, notre syndicat craint une utilisation pernicieuse de ce rapport pour précipiter la fin du face à face pédagogique. Face à face implicitement remis en cause par les nouvelles orientations pédagogiques de la Ville, bien qu’il constitue la garantie d’un enseignement de qualité pour l’apprentissage d’un instrument de musique.

Aussi, nous vous demandons Madame Le Maire, de bien vouloir témoigner publiquement de la confiance de votre administration vis-à-vis des personnels artistes-enseignants et des personnels administratifs des conservatoires parisiens, et de vous prononcer en faveur du maintien du face à face pédagogique qui a largement contribué à la réputation d’excellence de nos établissements.

Nous vous prions Madame Le Maire, d’agréer nos salutations respectueuses.

Pour le Bureau Syndical:

Le secrétaire Général

Bertrand Vincent

Les professeurs des conservatoires de la ville de Paris sont sous le choc après la parution du rapport de l’inspection général des services:« Mission de prévention, de signalement et de traitement des risques d’infraction sexuelle sur des mineurs par des agents de la Ville et du département »

En voici quelques extraits:Extrait_rapport_IGS

 

Appel à la grève

image003À l’appel de l’intersyndicale, de nombreuses manifestations ont eu lieu sur le territoire ce 12 mai 2016. 50 000 manifestants à Paris ont défilé dans un contexte surchauffé par le passage en force du gouvernement et l’utilisation de la procédure du 49-3 pour adopter la Loi Travail.

 

 

 

En appliquant de façon aussi brutale le 49-3, le gouvernement sous la pressioimage003n du MEDEF dénie la république sociale et envoie un message clair sur ses intentions d’appliquer sans discussion ce projet de loi dont le contenu est une succession de mesures plus régressives les unes que les autres : inversion de la hiérarchie des normes via des accords d’entreprises dérogatoires au Code du travail, remise en question du temps de travail, facilité de licenciement, remise en cause des organisations syndicales, etc

 

Le chef du gouvernement a décidé, le 10 mai, d’utiliser l’article 49-3 de la Constitution pour passer, sans vote des élus, le projet de loi Travail, sévèrement contesté dans la rue aussi bien que sur les bancs de la représentation nationale.

 

Nous sommes convaincus que si les garanties collectives disparaissent dans le privé, il y a fort à craindre que les garanties collectives statutaires du public soient également remises en cause.

 

Le syndicat FO des personnels de la Ville de Paris partage donc pleinement l’appel gréviste de la Fédération FO des Services Publics et de la Santé afin de préparer les journées de grève et de manifestations des 17 et 19 mai, nous appelons les agents de la Ville à la grève y compris par sa reconduction, pour le retrait du projet de Loi et la satisfaction de nos revendications. (voir communiqués joints)

 

Et pendant ce temps là…., la Haute Administration et l’Hôtel de Ville organisent la mise en place de PPCR (destruction de nos statuts, allongement de 3 ans minimum de nos carrières,…) de RIFSEEP ( prime au mérite méritant…), les restructurations, les déménagements forcés à BEDIER et autres lieux…

 

Le syndicat FO des personnels de la Ville de Paris appelle tous les agents à s’inscrire dans toutes les actions et démarches intersyndicales pour le retrait de ces plans néfastes.

Préavis de grève

9.3 ou pas ça continue!