Lettre ouverte à Madame Hidalgo sur le rapport de l’Inspection générale des services

Paris, le 30 mai 2016

 

Madame le Maire de Paris,

Notre organisation syndicale vient ici vous faire part du choc qu’a ressenti la grande majorité des enseignants des conservatoires parisiens à la lecture du rapport de l’Inspection Générale des Services de la Ville de Paris  : « Mission de prévention, de signalement et de traitement des risques d’infraction sexuelle sur des mineurs par des agents de la Ville et du département », publié en juin 2015.

En effet, ce rapport décrit nos établissements comme des lieux sensibles à cet égard et le milieu musical comme favorisant, en général, ce type de dérives. Si tous les acteurs de la profession sont mobilisés pour la protection des mineurs qui fréquentent nos établissements et sont prêts à participer à toute action qui s’inscrit dans une telle politique, vous comprendrez qu’ils ne peuvent accepter sans réagir l’image dégradée de la relation professeur-élève décrite et véhiculée par ce document officiel, publié sous votre égide.

Sauf à gommer toute trace d’humanité dans l’enseignement et à considérer le professeur comme un simple vecteur d’information dont l’élève serait le destinataire, nous savons tous, en tant qu’artistes-enseignants professionnels, qu’une relation particulière s’installe bien entre un professeur et son élève. Il ne s’agit là ni d’amitié, bien qu’elle puisse ne pas en être exempte sur le long terme, ni de séduction, ni de toute autre forme d’emprise mentale. Pour autant qu’elle soit difficile à décrire, cette relation n’a rien de malsain ni évidemment de sexuel.

Le rapport de l’IGS fait état de cas particuliers qui constituent des dérives, mais qui ne sauraient être généralisés sans jeter l’opprobre sur l’ensemble d’une profession.

Il faut noter, à cet égard, que ce document ne fait état d’aucun chiffre pouvant donner une évaluation statistique du risque. Il se contente d’illustrer son propos au travers de l’histoire personnelle de Madame Hélène Grimaud.

Dans le contexte de la réforme pédagogique voulue par votre mandature, volonté politique qui vise à privilégier les pratiques collectives afin d’accueillir un plus grand nombre d’élèves, notre syndicat craint une utilisation pernicieuse de ce rapport pour précipiter la fin du face à face pédagogique. Face à face implicitement remis en cause par les nouvelles orientations pédagogiques de la Ville, bien qu’il constitue la garantie d’un enseignement de qualité pour l’apprentissage d’un instrument de musique.

Aussi, nous vous demandons Madame Le Maire, de bien vouloir témoigner publiquement de la confiance de votre administration vis-à-vis des personnels artistes-enseignants et des personnels administratifs des conservatoires parisiens, et de vous prononcer en faveur du maintien du face à face pédagogique qui a largement contribué à la réputation d’excellence de nos établissements.

Nous vous prions Madame Le Maire, d’agréer nos salutations respectueuses.

Pour le Bureau Syndical:

Le secrétaire Général

Bertrand Vincent

Les professeurs des conservatoires de la ville de Paris sont sous le choc après la parution du rapport de l’inspection général des services:« Mission de prévention, de signalement et de traitement des risques d’infraction sexuelle sur des mineurs par des agents de la Ville et du département »

En voici quelques extraits:Extrait_rapport_IGS

 

Recours hiérarchique contre la note du Directeur de la DAC

Madame la Maire de Paris

Le syndicat Force Ouvrière a l’honneur de déférer à votre censure la note sus référencée relative aux activités accessoires et aux adresses mels des professeurs,. en date du 23 novembre dernier, à l’attention des directeurs des conservatoires municipaux d’arrondissement pour diffusion à leurs enseignants.

Sur la forme :

Cette note amalgame diverses prescriptions réglementaires avec des considérants d’ordre moral comme « l’amitié » « les dérives comportementales » « risques » sous-entendant une forte suspicion vis-à-vis de nos collègues enseignants, en remplaçant la présomption d’innocence par celle de culpabilité (ou pas !).

Cette note qui a été communiquée aux professeurs et assistants enseignants dans les conservatoires municipaux, selon des modalités diverses, n’a jamais été présentée aux instances (Comité Technique ou C.H.S.C.T) de la DAC pour y être débattue voire amendée.

Sur le fond :

Des enseignants des conservatoires nous ont fait part de menaces, de la part de leur hiérarchie, d’être sanctionnés sur la base de cette note s’ils continuaient à laisser leurs coordonnées de téléphone portable ou leur adresse électronique personnelle aux parents de leurs élèves ; il convient de rappeler qu’il s’agit là d’un usage constant et étendu à la quasi-totalité de nos collègues pour des raisons pratiques en cas de retard ou d’annulation de cours, ou d’absence des élèves.

Par conséquence, nous vous demandons la censure de la note litigieuse en raison d’un « excès de pouvoir » de la part du Directeur de la DAC qui, travaillé par une « forte envie de pénal » va bien au-delà des ses pouvoirs réglementaires : aucun texte n’interdit la communication de ses données informatiques à autrui. De plus, s’il existe des textes régissant l’utilisation de moyens professionnels (téléphones, ordinateurs, mails,etc) à des fins privés, l’inverse (utilisation professionnelles de moyens privés) n’existe pas. Or, depuis des années, ce sont bien nos collègues enseignants qui, en mettant à disposition de la Ville leurs propres moyens, ont permis un fonctionnement correct des C.M.A…

Enfin, cette note, par sa pratique de l’amalgame de notions étrangères au Statut de la Fonction Publique vise à préparer nos collègues à accepter la suppression du « face à face pédagogique » voire une modification importante de leurs charges de travail ou une modification de leur temps de travail.

Dans le cadre de la réglementation en vigueur, nous vous remercions de faire procéder à la suppression de cette note et à la reprise d’un dialogue social de qualité sur les questions soulevées.
Recevez, Madame la Maire, nos sincères salutations.

Pour le Bureau Syndical :
Le Secrétaire Général
Bertrand Vincent

Lire la note de Noel Corbin, directeur de la DAC: note stages et adresses paris fr

Courrier à Madame Fleur PELLERIN, ministre de la culture et de la communication

Cher(e)s Camarades,

Nous vous invitons à bien vouloir trouver en pièce jointe, le courrier que la fédération a adressé à Madame Fleur PELLERIN, ministre de la culture et de la communication.

Celui-ci vient en soutien mais aussi renforcer les positions prises par les organisations syndicales de ce secteur culturel, qui s’élèvent contre la décision de supprimer les subventions du ministère aux conservatoires non adossés à des pôles supérieurs.

Pour notre fédération, une telle décision remettrait en cause et de facto aurait une incidence néfaste à la pratique et apprentissage/perfectionnement dans les domaines artistiques dispensés dans les conservatoires.

Aussi, afin de revendiquer le rétablissement de ces subventions, nous avons sollicité un rendez-vous avec la ministre.

Bonne lecture,

Nous vous tiendrons informés de la suite de nos actions.

Amitiés syndicales,

Le secrétariat fédéral

Lire le courrier adressé à Mme Fleur PELLERIN

Les conservatoires en grand danger !

Cher(e)s Collègues,

Ceux qui ont eu connaissance de l’incroyable article du Monde (édition électronique) de lundi 17 novembre dernier sont sous le choc ; pour ceux qui n’auraient pas encore eu le déplaisir de le consulter, voici le lien :

http://www.lemonde.fr/musiques/article/2014/11/17/conservateurs-les-conservatoires-la-ville-de-paris-veut-reformer_4524938_1654986.html

version pdf de l’article du monde « Conservateurs les conservatoires ? La Ville de Paris veut réformer »

Nous pensons que tous les agents, administratifs comme enseignants, des CMA de Paris, doivent lire cet article, afin d’être parfaitement au courant de la façon dont ils sont considérés par leur haute hiérarchie, à savoir le premier adjoint chargé de la Culture de la Ville, Monsieur Bruno JULLIARD.

La première phrase de l’article donne immédiatement le la : « Le mode de fonctionnement des conservatoires municipaux ne satisfait pas la Ville de Paris ». Aussitôt après, nous sommes accusés d’un « manque de mixité sociale, d’un mode de sélection trop précoce, et d’une formation trop académique » (sic !).
Peu après, la journaliste cite M. Julliard : « Il n’est pas possible que la Ville de Paris investisse autant d’argent dans ses conservatoires et qu’ils ne bénéficient qu’aux familles aisées. » Plus loin, M. Julliard ajoute à ces accusations « une défaillance du service public d’éducation musicale », lié à un recrutement « très sélectif et très jeune » et au caractère normé de l’enseignement. (re-sic !).

Fermez le ban, tout est dit !

À la vérité, les propos de M. Julliard sont proprement scandaleux, tant ils s’apparentent à de la désinformation vis-à-vis des lecteurs du Monde, et à de la calomnie vis-à-vis des enseignants, directeurs et administratifs des CMA. Dans ses propos, tels qu’ils sont cités dans l’article, presque chaque phrase est pernicieuse :

  • Manque de mixité sociale : rappelons à M. Julliard qu’aucun CMA ne « choisit » ses élèves, et que ces derniers sont inscrits, quelque soit le système retenu (file d’attente, standard téléphonique) par ordre d’arrivée ; et en 28 ans de carrière, je n’ai pas connaissance d’un élève refusé parce que ses parents étaient au chômage ou avaient des revenus considérés comme insuffisants ! Plus sérieusement, sans discuter la représentation des quotients familiaux élevés dans les CMA, il est évident que cette représentation suit l’évolution sociologique de la capitale, dont les prix au m2 ont inexorablement fait fuir non seulement les milieux populaires, mais aussi les cadres moyens vers la banlieue de plus en plus lointaine. Une remarque : M. Julliard devrait être heureux que beaucoup de parents dépensent 510 € pour inscrire leurs enfants, c’est ce qui permet à d’autres d’être inscrits pour 73 €, lesquels devraient payer beaucoup plus cher, sinon… enfin, on peut bien sûr déplorer la chèreté des logements parisiens, mais, d’un autre côté, cela occasionne une véritable manne financière pour la Ville, par le biais des droits de mutation… donc une plus large enveloppe pour les CMA !
  • Sélection trop précoce : comment peut-on dire cela, alors que toutes les études menées ces vingt dernières années prouvent que plus l’apprentissage de la musique est effectué très jeune, plus l’oreille se forme facilement ? On ne saurait résoudre les problèmes de manque de places dans les CMA en retardant artificiellement l’accès des enfants à des cours individuels de qualité, pour les remplacer par une garderie-saupoudrage collective délivrée même sur les paliers des écoles communales ou dans des préaux assourdissants, tant les collègues sont parfois mal accueillis dans les écoles ! D’où la vague de démission de cettre rentrée 2014 parmi nos collègues faisant les ARE…
  • Formation trop académique : nous ignorions que M. Julliard était un spécialiste de l’histoire et des sciences de l’éducation… En quoi délivrons-nous une formation « trop académique » ? L’article reste fort discret sur le sujet, hormis le passage « travailler avec des associations de musique qui ont des pédagogies innovantes » : parce que les CMA dispensent une pédagogie vieillotte et surannée ? Tous les collègues titulaires d’un DE ou d’un CA n’ont plus qu’à jeter leur diplôme aux orties en se frappant la poitrine. Dommage : après, pour certains d’entre nous, des dizaines d’années passées dans l’erreur et « l’obscurantisme pédagogique », nous aurions aimé être éclairés pour enfin marcher vers la Lumière. En effet, c’est bien cela le sous-jacent de tout le discours de M. Julliard :nous sommes des directeurs et des enseignants élitistes au service des familles aisées, bloqués dans un refus réactionnaire à dispenser notre enseignement dépassé aux enfants de famille modeste ! Voir le petit coup de patte final, l’air de rien : « une partie des conservatoires porte bien leur nom… ». Heureusement que le ridicule ne tue plus.

Le plus grave reste la phrase évoquant « une défaillance du service public d’éducation musicale » c’est tout notre édifice qui est ainsi pointé du doigt, ainsi que l’ensemble des agents qui le font tourner.

Je n’ai pas souvenir, à Paris ou ailleurs, d’un adjoint à la Culture mettant pareillement en cause son (ses) conservatoire(s) ;
je sais que l’immense majorité de nos collègues ne peut être qu’indignée par de tels propos.

Si nous ne faisons rien, ce que nous avions prédit à FO il y a un an et demi va se réaliser :

nos conservatoires vont se transformer insidieusement en MJC,
les professeurs vont être obligés de se muer en animateurs (
pour le salaire, c’est déjà fait),
lesquels n’auront plus d’élèves, mais des CLIENTS,
lesquels viendront se bricoler un « parcours personnalisé » comme on se remplit une assiette dans un self-service !

Si nous laissons faire, nous assisterons à la mort programmée de nos CMA :est-ce cela que nous voulons ?

 

Le hasard du calendrier fait que l’article de M. Julliard est sorti quinze jours avant les élections générales du 4 décembre dans la FPT.

Si quelques-uns d’entre vous avaient encore des illusions sur ses intentions, je pense qu’ils sont maintenant décillés…
La sortie de cet article, maintenant, est donc une bonne chose : tout est clair.

 

Par les bulletins de vote que vous avez en main, vous avez le seul et unique moyen d’exprimer votre refus de ce qu’on essaye de nous imposer à marche forcée depuis plus de deux ans, à savoir la liquidation démagogique de ce qui faisait le renom de nos CMA : l’excellence dispensée à tous ceux qui en faisaient la demande, amateurs ou aspirants professionnels, aisés ou pauvres, par des professeurs dûment diplômés pour la filière spécialisée d’enseignement artistique.Voilà exactement où se situe le problème, et nulle part ailleurs.Dès aujourd’hui, votez par correspondance pour FO Ville de Paris, le seul syndicat qui se soit montré clairvoyant dans ce processus délétère.
 
Nous vous renvoyons pour mémoire, ci-dessous, le mail circulaire que le syndicat vous a envoyé le 6 juin 2013 (FO vous aura prévenus : réforme ARE = CMA en danger !) ainsi que notre appel à la manifestation gréviste du mercredi 20 mars 2013 : je n’aurai pas la cruauté de citer un autre syndicat de nos CMA, lequel avait répondu par une magnifique circulaire disant « FO fait de la propagande, dormez braves gens, tout va bien. » Il se sera reconnu…

 

 

 

Réforme ARE = enseignement en dangerAVEC FO,COMPRENEZ LE DESSOUS DES CARTES !

 

Cher(e)s Collègues,

La situation actuelle des CMA est extrêmement grave : tout ce que FO avait prédit se réalise peu ou prou, parfois au-delà de nos craintes !

Toutes les catégories de personnel vont être touchées : administratifs comme enseignants, de l’agent d’accueil au directeur d’établissement, vacataires et contractuels comme titulaires.

Même si FO, allié au SUPAP, a :

  •          réussi la grève et la manifestation du 20 mars
  •          obtenu que les premières années de FM ne soient pas déléguées à l’école primaire et à nos amis PVP musique (lesquels n’ont rien demandé et n’en veulent d’ailleurs pas : voire l’article pages 80/82 sans le nº 431 d’avril 2013 de La Lettre du Musicien)
  •          obtenu que l’admission dans les CMA ne passe plus par le filtre d’une commission
  •          mais aussi et surtout que le principe du volontariat soit seul appliqué pour envoyer des enseignants de CMA dans les écoles, tout le reste – et même des éléments nouveaux particulièrement inquiétants que je développerai plus bas – se concrétise, notamment par le biais du projet de délibération 2013 DAC 468, lequel devrait être examiné en CTP le 13 juin, et voté au Conseil de Paris le 8 juillet. [joint]

 

Examinons à la loupe ce projet de délibération :

  •          Il concerne tout le monde, enseignants comme administratifs

Pour les administratifs (titre III) :

  •          Il ne répond pas au sous-effectif chronique : les vingt postes seront insuffisants au regard de toutes les nouvelles tâches
  •          les administratifs non-titulaires ne doivent pas être discriminés, et doivent bénéficier des heures supplémentaires et des primes liées aux nouvelles sujétions
  •          les stipulations de l’article 6 dérèglementent totalement le rythme de travail des agents, sans que l’article 8 n’offre mieux que quelques miettes compensatoires

Pour les enseignants (titre II) :

  •          s’il apparaît plus « soft », il n’en est rien : il comprend ainsi une véritable bombe à retardement à l’Art 2 § 3 : « une gestion annualisée du temps de travail des accompagnateurs peut être mise en place en fonction des nécessités de service » Quand l’on sait que c’est la DAC qui définit unilatéralement ces nécessités, nos amis accompagnateurs doivent s’attendre à des fins de trimestre ultra-chargées…
  •          pourquoi préciser de façon redondante, à l’article 4, que leurs heures de face-à-face pédagogique sont de 16 ou 20h hebdo, alors que dans les décrets constitutifs de leurs corps, dès l’origine, il est dit « la durée hebdomadaire des cours est de 16 ou 20h hebdo » ? Ne prévoieraient-ils pas déjà de « sortir » les animations péri-scolaires du décompte des cours, pour les faire rentrer sous une autre forme dans leurs missions ?
  •          Plus généralement, ce sont l’ensemble des garde-fous contenus dans les statuts des corps des PEA et ASEA que nous pressentons attaqués de façon hypocrite et sournoise : il a été réclamé, lors des discussions autour de ce projet de délibération, que la mention de nos 35 semaines travaillées figure en toutes lettres ; malgré des paroles d’aquiescement, rien n’apparaît dans la dernière version…

 

Quant à nos amis PVP musique, il faut savoir qu’ils faisaient déjà de nombreux ateliers en milieu scolaire, gratuits, et notamment beaucoup de chorales ; la plupart de ces ateliers vont disparaître, les cartes étant rebattues.

Résultat : on détruit ce qui existait (parallèlement, quelques professeurs de CMA volontaires faisaient des interventions dans les écoles depuis des années) et donnait satisfaction à tous, pour :

  •          mettre un bazar sans nom dans l’organisation interne des CMA et des ecoles
  •          proposer à certains PVP, engagés dès la rentrée 2013 par des directeurs de CMA, de continuer à faire ce qu’ils faisaient auparavant (chorales, etc.), mais en étant appointés par la DAC au lieu de la DASCO (belle avancée : la montagne accouche d’une souris !)
  •          devant l’extrême faiblesse des « volontaires », dans les CMA, pour aller faire de l’animation péri-scolaire dans les écoles, se tourner vers des structures privées pour combler le vide, créant ainsi un regrettable mélange public/privé avec tous les risques que cela comporte
  •          mettre une pression parfois scandaleuse sur les enseignants vacataires, sur lesquels s’exerce, dans certains établissements, un véritable chantage à l’emploi (« si vous voulez garder ou augmenter vos heures l’année prochaine, allez dans les écoles »…), d’où une inégalité patente de traitement entre les arrondissements
  •          en dernière extrémité, proposer à nos propres étudiants en DEM d’aller s’exercer dans les écoles… gratuitement – ce qui prouve la considération et la reconnaissance qu’attache la DAC à ces pratiques d’animation !

Nous terminerons en évoquant toutes les menaces qui pèsent depuis des années, de façon plus ou moins sourde, sur les statuts particuliers des corps d’enseignants artistiques (Filière culturelle) de la FPT en général, et de la Ville de Paris en particulier, sachant que la spécificité parisienne est condamnée à moyen voire court terme.

En effet, sporadiquement, depuis tout le territoire, quelques groupuscules de DRH ou de DGS contestent leurs temps pédagogiques hebdomadaires particuliers, ainsi que la durée réelle de leurs vacances, sans même essayer de comprendre d’où cela vient.

Nous vous joignons une nouvelle preuve de cet activisme, avec la lettre envoyée par le Président du Conseil Général de Savoie, Monsieur Hervé GAYMARD, à Madame Aurélie FILIPPETTI, dans laquelle il demande à la Ministre une « clarification législative » (sic!), prenant en compte un élargissement des missions ainsi qu’une indispensable réorganisation du temps de travail… Qu’en termes galants ces choses-là sont dites !

Voilà pourquoi nous en venons à dire que l’ARE n’est qu’un cheval de Troie commode, pour la DAC, afin de changer de façon drastique et unilatérale nos conditions de travail et l’exercice même de notre métier pour les années et générations futures ! Sans vouloir être grandiloquent, c’est l’Histoire qui se joue en ce moment pour toute la filière artistique de la Fonction Publique Territoriale : la Ville de Paris, en voulant à tout prix appliquer la réforme dès 2013, est le véritable « laboratoire d’essai » de ces visées gouvernementales.

 

Par conséquent, cher(e)s collègues administratifs et enseignants, il nous va falloir être hyper-vigilants dans les semaines et mois à venir :le malheur des adminsitratifs ne fera pas le bonheur des enseignants, et réciproquement ; la DAC s’attaque aux uns maintenant, pour mieux s’attaquer aux autres ensuite.

 

Nous sommes TOUS dans le même bateau.

 

 

 

Appel à la grève le mercredi 20 mars, toute la journée, pour tous les personnels des CMA(quelque soit leur grade, leur fonction et leur statut) :Enseignants spécialisés (PEA et ASEA), personnel administratif, d’accueil et technique ; titulaires, contractuels ou vacataires

 

Restons mobilisés même si la Direction des Affaires Culturelles semble reculer pour appliquer sa réforme drastique (qui va bien plus loin qu’un simple retour à la semaine de 4,5 jours),

 

Une réforme, mauvaise en 2013,ne deviendra pas meilleure en 2014 !

 

Si nous ne voulons pas devenir des animateurs d’appoint demain, ni des « bouche-trous » de temps scolaire et/ou périscolaire après-demain, réagissons ! Unissons-nous !

 

TOUS EN GRÈVE MERCREDI 20 MARS !!

 

Un préavis de grève a été déposé selon la Loi auprès de la DAC ; aucune mesure de rétorsion ne peut donc être prise à votre encontre si vous exercez votre droit.

  •          Si vous faites grève 55mn, la DAC ne pourra vous retirer qu’une heure de votre traitement mensuel
  •          Si vous faites grève une heure ou plus, la DAC ne pourra vous retirer qu’un jour, soit 1/30è de votre traitement mensuel

 

Nous avons également besoin de collègues enseignants pour manifester 31 rue des Francs-Bourgeois, devant la DAC (cette manifestation a elle aussi été déclarée à la Préfecture de Police).

Si quelques profs de cuivres et de percu pouvaient venir avec leurs instruments, cela serait parfait (si le temps le permet, bien entendu !)

 

Nous sommes en passe de remporter une première victoire, maintenons la pression !!!

De la précarité, à la Ville de Paris, comme ailleurs

Il n’y a pas si longtemps, lors des pourparlers sur la précarité dans la fonction publique et territoriale, ravivant le souvenir d’une lointaine promesse électorale du candidat Sarkozy, le Ministre Georges Tron promettait de régulariser les « sans statuts » de la Fonction Publique. Effet d’annonce. Le cadre réglementaire est tellement étroit qu’il désigne peu d’élus. Mais pour le Ministre, ce n’est pas le monde tel qu’il est qui importe. C’est sa représentation médiatique, télévisuelle et préélectorale. Donner l’impression de prendre en considération le problème des précaires, cela suffira bien!

Depuis, François Hollande a gagné les élections en s’appuyant sur un électorat dont, toute cette population de salariés précaires fait vraisemblablement partie. Où en est on aujourd’hui? Les choses ont elles évolué?

L’Aménagement des Rythmes Educatifs (A.R.E) n’est elle pas un nouveau dispositif à fabriquer une précarité dont les victimes ne sortiront qu’en fuyant la fonction publique?


Ces « mal logés » de la fonction publique, qui sont ils? que vivent ils au quotidien? Il est temps de faire le point sur le système de la vacation! :

Qui sont-ils?

Retour à l’histoire. Depuis quelques décennies, on voit apparaître la vacation, le travail à l’heure et sans contrat, pour pallier les caprices de l’organisation, grâce à l’emploi d’agents privés de droits.

Dans le secteur de l’enseignement ou de l’éducation par exemple, on a présenté ces heures comme des heures supplémentaires proposées à des personnes ayant déjà un emploi. Mais rapidement, on a distribué la vacation à tout va, sans plus proposer d’emploi contractuel, et nombreux sont les vacataires qui n’ont finalement plus disposé que de leurs ex-heures supplémentaires pour vivre.

Aujourd’hui, par milliers, des agents sont employés, parfois jusqu’au plein temps, comme vacataires. La vacation est devenue un système organisé sur lequel repose une grande partie de l’activité des services publics. Le vacataire n’a pas de vrai contrat de travail. Il peut être limogé sans indemnité après vingt ans de service, même s’il a été employé vingt ans au même poste, au même endroit, à faire le même travail. Est-ce possible ?

À Paris, il s’agit d’au moins 15.000 agents. Notre employeur public mesure l’avantage d’employer les sans droits : le précaire doit se taire. Il est l’élément de construction d’une gestion facile des ressources humaines, au détriment du droit moral et du droit tout court. Il est l’angle mort des négociations actuelles, la face invisible du problème. Les sans-statuts de la fonction publique sont aussi et d’abord des sans-paroles, pratiquement impossibles à dénombrer. Nous souhaitons faire connaître leur situation. D’abord parce qu’elle est humainement inacceptable, ensuite parce qu’elle représente une masse invisible considérable. À tenir au secret des sans-droits, c’est à terme le droit du travail et le statut de la fonction publique qui n’auront plus lieu d’être.

Nous voulons donc d’abord analyser et qualifier le problème : un agent sur six à la Ville de Paris est un précaire, preuve d’une volonté délibérée de constituer un réservoir de sans-droit et de les exploiter de manière méthodique et rationnelle. Nous voulons montrer que le travail sans statut s’est progressivement massifié, puis se généralise. Nous avons voulu écouter et interroger les précaires eux-mêmes pour les faire parler de leur situation. Bref, nous voulons savoir.

Voici la liste des non-droits :

pas de prime d’aide à la mutuelle, pas de convention collective, pas de comité d’entreprise, pas de carte de cantine, pas de droit individuel à la formation, pas de visite médicale, pas d’arrêt de maladie, pas de médecin du travail, pas d’indemnités de fin de contrat, pas d’indemnités d’accident du travail, pas de tickets restaurant, pas de congés payés, pas de 1 % logement, un mois de retard pour le salaire, deux mois de retard pour les indemnités de chômage, pas d’inspection du travail, pas de tribunal des prud’hommes, pas de préavis de licenciement, pas de contrat de travail, pas d’obligation de justifier un licenciement, pas de prime en fin d’année, pas d’évolution de carrière, pas de possibilité de passer des concours internes, pas de droit de grève, pas de prise en compte des diplômes dans le salaire, pas de prise en compte de l’ancienneté, pas de reconnaissance sociale du métier d’agent du service public, pas d’existence en tant qu’agent du service public pour la ville, pas de visite médicale après plus de huit jours d’arrêt de maladie, pas de visite médicale à l’embauche, obligation de s’inscrire au chômage pendant les vacances, prime de transport très réduite, pas de cotisations à la retraite des cadres mêmes avec un indice de cadre, pas de droits aux œuvres sociales de la ville. Faut-il en dire encore ?

Il ne s’agit pas ici de s’en tenir à l’indignation face à l’Administration, lorsqu’elle devient l’instrument même du délitement de la fonction territoriale. Il s’agit d’agir. Aujourd’hui, l’acceptation résignée de l’intolérable, instauré sous la menace invisible d’une hiérarchie respectable qui fonctionne par atomisation des précaires, cette acceptation doit sortir de l’impasse du silence. Elle doit laisser la place au lien, au tissu humain des solidarités, à la construction de la relation fraternelle dans la revendication légitime autour d’un premier pas : la dénonciation effective du problème. Un collègue reçoit un simple coup de fil. On lui signifie de ne plus se présenter à son travail dès le lendemain après dix ans de service. Un autre agent se voit attendre plusieurs mois sans savoir si ses vacations seront reconduites.

Personnes jetables ou corvéables à merci !

Le vacataire est un précaire, entretenu comme tel et utilisé sans merci. Qu’un agent demande sa mutation et le précaire viendra le remplacer en attendant qu’un titulaire puisse prendre la place. Ce jour-là, le vacataire sera congédié sans indemnité. Il ne lui restera rien. 15 000 vacataires circulent, au bas mot, dans les couloirs de la Ville de Paris, sans horizon, sans avenir. Que faire ? Notre société n’est plus que l’ombre cathodique d’elle-même. Ne demeure que la version TF1 du monde, l’injonction paradoxale d’être heureux et libre dans un monde sans passé dans lequel ne saurait plus régner que le progrès, à l’infini.

L’indigent, le malade, l’handicapé, celui qui traverse un accident de l’existence, tous sont coupables ! C’est chacun pour soi, pourvu que demeure ce rêve frénétique d’un lendemain radieux qui n’a de vérité que dans un imaginaire leurrant, déconnecté, totalement impossible à rendre au réel. Que reste-t-il à l’être désincarné, captif, qui attends frénétiquement la nouvelle version du bonheur comme on attend la sortie d’un nouveau logiciel promettant l’impossible, comme le faisait déjà le précédent ?

Probablement rencontrera-t-il la fatigue. Croisera-t-il alors à son tour le mur de la précarité matérielle, affective, professionnelle, sociale, médicale etc. ? L’illusion aura fait son temps. Nous les précaires, sommes en avance sur notre temps. Nous incarnons la nouvelle définition du Travail porté par les architectes de la société. Nous représentons le signe avant-coureur d’une lame de fond qui emportera l’ancien droit du travail (Code du Travail et Statut de la fonction publique ) au profit d’une précarité institutionnalisée, au nom de la fin des temps, au nom de la toute puissance des nouvelles figures de l’hyper-modernité post-mondialisée : le travailleur chinois, brésilien ou indien dans son exploitation maximisée à l’extrême.

Sommes-nous tous devenus des athlètes olympiques du travail pour supporter des conditions aussi invraisemblables ? Devons-nous nous doper pour parvenir à incarner le nouveau travailleur hyper contemporain ?

Pour pouvoir prendre en main votre avenir.

Se syndiquer, c’est la volonté de ne pas rester seul(e) et isolé(e) mais d’être acteur de son avenir professionnel et social en prenant les choses en main, on a toujours raison de se syndiquer.

Se syndiquer, c’est s’armer pour mieux se défendre.